En 2025, la croissance accélère à 3,7 %, tirée par l'investissement et la construction
Le produit intérieur brut des Comores progresse de 3,7 % en volume en 2025, après 3,4 % en 2024. Il atteint 781,8 milliards de francs comoriens, soit environ 864 000 KMF par habitant. L'investissement, en hausse de 11,1 % en volume avec les grands chantiers publics et les préparatifs des Jeux des îles de l'océan Indien de 2027, est le principal moteur de l'année.
Les prix du PIB ralentissent nettement, de +6,5 % à +3,8 %, rejoignant le profil des prix à la consommation après un rebond temporaire en début d'année lié au cyclone Chido. Cette publication livre également le compte définitif 2024, qui révise légèrement à la hausse l'estimation provisoire publiée l'an dernier (+3,4 % vs +3,3 %).
Deux facteurs externes ont directement servi l'économie comorienne : le reflux des prix mondiaux de l'énergie et des produits alimentaires, qui allège la facture des importations et nourrit la désinflation, et la vigueur des transferts de la diaspora, qui continuent de financer la consommation et la construction privée.
Croissance du PIB 2025 (provisoire)
↑ vs 3,4 % en 2024PIB courant 2025
Formation brute de capital fixe 2025
Construction — plus forte progression 2025
Déflateur du PIB 2025 (vs 6,5 % en 2024)
Environnement international : légère décélération mondiale, résilience africaine
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Croissance mondiale à 3,2 %
La croissance mondiale se tasse légèrement à 3,2 % en 2025 après 3,3 % en 2024, dans un contexte de tensions commerciales, de conditions de financement restrictives et de recul de l'aide internationale.
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Afrique subsaharienne — 4,1 %
L'Afrique subsaharienne résiste mieux : son activité progresse de 4,1 %, soutenue par la stabilisation macroéconomique et les réformes engagées dans plusieurs grandes économies de la région.
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Océan Indien — Comores en tête
Dans l'océan Indien, Madagascar et Maurice ralentissent autour de 3,2 %. Avec 3,7 %, les Comores font mieux que leurs voisins insulaires, sans atteindre le rythme moyen continental.
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Ancrage euro — stabilisateur clé
L'ancrage du franc comorien à l'euro joue son rôle habituel de stabilisateur. Le reflux des prix mondiaux de l'énergie et des produits alimentaires allège la facture des importations et soutient la désinflation.
Compte définitif 2024 : une croissance de 3,4 %, des branches recomposées
Le PIB de 2024 s'établit à 726,0 milliards de KMF aux prix courants, en progression de 3,4 % en volume, légèrement au-dessus de l'estimation provisoire (+3,3 %). La lecture par branche change en revanche nettement, sous l'effet des sources reçues depuis la publication provisoire : liasses fiscales complètes, données d'abonnés des télécoms, deuxième recensement général de l'agriculture (RGA-2), bulletin statistique de la pêche.
Source : INSEED, comptes nationaux, base 2007. Taux de croissance en volume par rapport à 2023.
La révision la plus marquante concerne l'information et la communication : les états financiers complets des opérateurs ramènent la branche de +8,5 % à +1,0 %, un marché devenu atone. À l'inverse, la pêche est relevée à +7,1 %, la construction à +14,4 % et les industries alimentaires à +6,6 %.
L'économie comorienne en 2025 : la croissance s'accélère à 3,7 %
Le PIB provisoire de 2025 atteint 781,8 milliards de KMF aux prix courants, en hausse de 7,7 % en valeur nominale. En volume, la croissance s'établit à 3,7 %, un résultat entièrement fondé sur les indicateurs sectoriels observés de l'année.
Figure 1 — Taux de croissance du PIB par secteur 2018–2025 (%)
Source : INSEED, comptes nationaux, base 2007. 2025 : données provisoires.
Par l'offre : la construction en première ligne
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Construction +20,4 % — moteur principal
L'accélération est corroborée par les importations de matériaux, en hausse d'environ un tiers en volume. Elle concentre plusieurs chantiers : CHU El-Maarouf, corridor maritime de Moroni, réhabilitation routière sur les trois îles, programme scolaire et infrastructure Jeux 2027.
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Secteur primaire — résistance post-cyclone
L'agriculture progresse de 3,6 % malgré les dégâts du cyclone Chido (décembre 2024). La campagne 2025 a bénéficié de la distribution de semences et des appuis du projet de résilience alimentaire. La pêche gagne 4,4 % avec des captures en hausse de ~3 %.
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Télécoms +5,2 % — rebond après 2024 atone
L'information et la communication accélère après une année 2024 étale (+1,0 %). L'attribution des fréquences 5G aux deux opérateurs en mai 2025 marque un tournant pour le marché.
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Hôtellerie +5,1 % — tourisme en hausse
Les arrivées de visiteurs progressent de 5 %, soutenant la reprise de l'hôtellerie et de la restauration. Le commerce ralentit légèrement (+1,9 %), les marges suivant des importations de biens de consommation moins dynamiques.
Figure 2 — Contributions des branches à la croissance du PIB 2025 (points de %)
Source : INSEED, comptes nationaux provisoires 2025, base 2007.
Deux événements marquants de l'année 2025
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Cyclone Chido et les comptes de 2025
Le cyclone Chido a touché l'archipel en décembre 2024, avec des dégâts concentrés sur les cultures vivrières et les infrastructures rurales. Son empreinte dans les comptes 2025 est double : un renchérissement temporaire des prix alimentaires en début d'année (résorbé ensuite), et un effet modéré sur les volumes agricoles. Au total, la production agricole progresse de 3,6 % en volume, un rythme proche de sa tendance.
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Construction : cycle d'investissement et Jeux des îles 2027
L'année 2025 cumule des chantiers d'ampleur inhabituelle : achèvement du CHU El-Maarouf, lancement du corridor maritime (BAD), routes résilientes au climat, écoles du programme scolaire national et premiers investissements d'accueil pour les Jeux des îles de l'océan Indien de 2027. Les importations de matériaux, en hausse d'environ un tiers en volume, confirment l'intensité du cycle.
Par la demande : l'investissement fait la croissance
L'investissement est le principal moteur de l'année : la formation brute de capital fixe progresse de 11,1 % en volume, en cohérence avec le cycle de chantiers. Le recul des importations en volume (−6,7 %), concentré sur les biens hors matériaux de construction, contribue positivement au PIB (+2,19 points).
La consommation des ménages est quasi stable en volume (+0,5 %), l'essentiel de la hausse nominale ayant été absorbé par les prix. La consommation publique recule (−2,8 %) avec des achats de biens et services contenus par l'exécution budgétaire.
Contribution de la FBCF à la croissance 2025
Contribution positive du recul des importations
Croissance consommation ménages (vs +5,3 % en 2024)
Consommation publique (maîtrise budgétaire)
Le net ralentissement de la consommation des ménages par rapport à 2024 (+5,3 %) résulte de la modération de l'inflation (les revenus réels progressent moins vite) et d'un éventuel effet de normalisation des transferts de la diaspora après une année 2024 exceptionnellement dynamique.
Figure 3 — Croissance des emplois du PIB : 2024 vs 2025 (%)
Source : INSEED, comptes nationaux, base 2007. La contribution des importations est positive lorsque celles-ci reculent.
Les prix : une nette désinflation en 2025
Le déflateur du PIB augmente de 3,8 % en 2025, après 6,5 % en 2024. Ce ralentissement rejoint le profil des prix à la consommation : un rebond temporaire en début d'année lié aux prix alimentaires post-Chido, puis un reflux progressif à la faveur de la stabilisation des prix mondiaux et de la politique monétaire prudente de la Banque centrale. La croissance nominale revient ainsi de 10,1 % à 7,7 %.
Déflateur du PIB 2025
↓ vs 6,5 % en 2024Croissance nominale du PIB 2025
↓ vs 10,1 % en 2024Croissance en volume du PIB 2025
Sources et méthodes
Comptes définitifs 2024 : mobilisent l'ensemble des sources structurelles de l'année : liasses fiscales complètes, balance des paiements, opérations de l'État, statistiques douanières et sources sectorielles dont le deuxième recensement général de l'agriculture (RGA-2) et le bulletin statistique de la pêche.
Comptes provisoires 2025 : reposent sur des indicateurs d'activité annuels par branche — production agricole, débarquements de pêche, production électrique, arrivées de visiteurs, importations de matériaux de construction, données d'abonnés des opérateurs télécom. Ils seront révisés lorsque les sources structurelles de l'année seront exhaustives.
Les données 2025 marquées d'un astérisque (*) dans les tableaux annexes sont provisoires et susceptibles de révision lors de l'établissement des comptes définitifs, notamment concernant les branches de l'information-communication, des administrations publiques et du commerce.
Tableau 1 : PIB courant, optique production (en millions de KMF)
| Branche | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | 2025* |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Secteur primaire | 166 994 | 187 065 | 188 885 | 190 422 | 210 206 | 223 282 | 248 476 | 276 930 |
| Agriculture | 97 039 | 109 089 | 105 459 | 103 493 | 120 870 | 133 948 | 141 506 | 148 660 |
| Élevage, sylviculture | 16 816 | 17 984 | 17 691 | 18 892 | 20 716 | 21 222 | 22 389 | 24 310 |
| Pêche | 53 139 | 59 992 | 65 735 | 68 037 | 68 620 | 68 112 | 84 582 | 103 960 |
| Secteur secondaire | 43 961 | 44 802 | 42 684 | 50 680 | 57 619 | 75 950 | 82 705 | 87 588 |
| Activités extractives | 4 323 | 4 411 | 3 744 | 3 930 | 3 965 | 4 752 | 5 679 | 7 233 |
| Industries alimentaires | 17 757 | 17 530 | 16 147 | 20 575 | 25 001 | 35 148 | 37 279 | 39 958 |
| Autres industries | 15 977 | 16 540 | 17 722 | 17 918 | 19 837 | 22 891 | 25 053 | 25 434 |
| Énergie | 1 553 | 1 700 | 1 068 | 1 818 | 1 781 | 3 503 | 3 107 | 2 970 |
| Construction | 4 351 | 4 621 | 4 003 | 6 439 | 7 035 | 9 656 | 11 588 | 11 994 |
| Secteur tertiaire | 260 743 | 272 496 | 271 457 | 276 125 | 306 054 | 332 510 | 352 164 | 375 676 |
| Commerce | 91 021 | 95 053 | 93 433 | 98 089 | 112 632 | 120 999 | 137 814 | 150 798 |
| Transports, poste | 11 790 | 11 285 | 9 756 | 11 767 | 11 749 | 16 265 | 19 595 | 21 144 |
| Hôtellerie, restauration | 9 510 | 9 327 | 7 856 | 8 305 | 10 171 | 10 910 | 12 835 | 15 096 |
| Information et comm. | 21 321 | 22 017 | 22 736 | 20 484 | 19 145 | 20 316 | 21 356 | 21 976 |
| Activités financières | 12 836 | 14 034 | 12 655 | 13 392 | 13 355 | 13 660 | 13 928 | 15 305 |
| Autres services privés | 75 727 | 79 837 | 83 663 | 84 768 | 99 547 | 111 250 | 112 212 | 116 167 |
| Administrations publiques | 41 184 | 43 690 | 44 112 | 42 385 | 42 808 | 42 632 | 38 015 | 39 137 |
| SIFIM | -2 646 | -2 747 | -2 754 | -3 065 | -3 353 | -3 522 | -3 591 | -3 946 |
| Valeur ajoutée | 471 698 | 504 363 | 503 026 | 517 227 | 573 879 | 631 742 | 683 345 | 740 194 |
| Impôts nets sur produits | 23 537 | 20 804 | 24 624 | 23 116 | 23 903 | 27 558 | 42 695 | 41 640 |
| PIB | 495 235 | 525 167 | 527 650 | 540 343 | 597 782 | 659 300 | 726 041 | 781 834 |
* Données provisoires. Source : INSEED, comptes nationaux, base 2007. En millions de KMF.
Tableau 2 : PIB et ses emplois (en millions de KMF)
| Emploi | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | 2025* |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Consommation finale | 506 675 | 546 102 | 583 500 | 587 523 | 664 494 | 736 655 | 811 060 | 842 306 |
| Ménages et ISBLM | 456 014 | 493 087 | 527 776 | 532 804 | 607 055 | 676 574 | 751 132 | 782 689 |
| Administrations publiques | 50 661 | 53 015 | 55 724 | 54 719 | 57 439 | 60 081 | 59 928 | 59 617 |
| Formation brute de capital | 73 094 | 66 319 | 57 814 | 71 658 | 71 359 | 77 506 | 81 069 | 87 375 |
| Exportations B&S | 63 930 | 67 082 | 29 927 | 53 586 | 77 395 | 68 016 | 71 630 | 73 384 |
| Importations B&S (-) | 149 002 | 154 896 | 148 049 | 173 724 | 223 820 | 229 791 | 237 719 | 221 233 |
| PIB | 495 235 | 525 167 | 527 650 | 540 343 | 597 782 | 659 300 | 726 041 | 781 834 |
* Données provisoires. En millions de KMF.
Tableau 3 : Taux de croissance du PIB par secteur (%)
| Branche | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | 2025* |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Secteur primaire | +5,5 % | +0,9 % | +4,4 % | +2,0 % | +1,4 % | +2,1 % | +4,2 % | +3,7 % |
| Agriculture | +1,0 % | -3,9 % | +3,6 % | +1,0 % | +0,5 % | +1,8 % | +3,3 % | +3,6 % |
| Élevage, sylviculture | +2,3 % | -1,0 % | +2,4 % | +2,1 % | +2,0 % | +2,2 % | +0,8 % | +2,0 % |
| Pêche | +15,1 % | +10,2 % | +6,5 % | +3,5 % | +2,6 % | +2,5 % | +7,1 % | +4,4 % |
| Secteur secondaire | +2,6 % | +4,0 % | -5,6 % | +1,8 % | +3,5 % | +4,0 % | +7,2 % | +7,5 % |
| Activités extractives | -1,1 % | -4,1 % | +0,4 % | -0,3 % | +1,2 % | +4,1 % | +8,3 % | +20,3 % |
| Industries alimentaires | +2,5 % | +9,1 % | -12,2 % | -1,5 % | +2,2 % | +4,3 % | +6,6 % | +4,1 % |
| Autres industries | +6,1 % | 0,0 % | +3,6 % | +3,8 % | +4,9 % | +2,4 % | +6,4 % | +3,9 % |
| Énergie | +2,7 % | +6,8 % | +2,6 % | +9,4 % | +3,1 % | +1,6 % | -2,4 % | +4,7 % |
| Construction | -5,6 % | +4,8 % | -22,1 % | +5,8 % | +4,7 % | +8,0 % | +14,4 % | +20,4 % |
| Secteur tertiaire | +2,0 % | +1,9 % | -2,1 % | +2,0 % | +3,2 % | +3,1 % | +2,1 % | +3,3 % |
| Commerce | +5,6 % | +0,5 % | -4,3 % | +3,5 % | +5,1 % | +3,3 % | +3,6 % | +1,9 % |
| Transports, poste | +4,4 % | -4,4 % | -4,9 % | +7,7 % | +4,2 % | +4,2 % | -0,7 % | +2,7 % |
| Hôtellerie, restauration | +1,1 % | +7,4 % | -32,0 % | +11,7 % | +8,8 % | +6,3 % | +6,8 % | +5,1 % |
| Information et comm. | +1,8 % | +5,4 % | +3,9 % | -7,5 % | -0,5 % | +4,0 % | +1,0 % | +5,2 % |
| Autres services privés | +1,3 % | -0,9 % | +1,9 % | +2,0 % | +1,6 % | +2,0 % | +1,5 % | +5,5 % |
| Administrations publiques | -2,8 % | +6,7 % | +2,0 % | +0,2 % | +3,9 % | +3,3 % | -0,2 % | +0,9 % |
| Valeur ajoutée | +3,2 % | +1,7 % | 0,0 % | +2,0 % | +2,5 % | +2,8 % | +3,5 % | +4,0 % |
| PIB | +3,6 % | +1,8 % | -0,2 % | +2,0 % | +2,5 % | +3,1 % | +3,4 % | +3,7 % |
* Données provisoires. Source : INSEED, comptes nationaux, base 2007.
Équipe technique
Supervision générale
Mohamed Ali — Directeur Général de l'INSEED
Coordination technique
Faissoil Youssouf — Directeur des Synthèses Économiques · Abidina Ahamada — Chef de service de la Comptabilité Nationale
Équipe d'élaboration
Abidina Ahamada · Radjabou Ahamada · Mouhamadi Latuf · Nakfa Mohamed Chebane · Thoueybata Athoumani · Nassuria Talimidou Malidé · Nadjibdine Youssouf · Abderemane Mohamed Abdou El Ganiou · Moinagaya Hassane · Nadjouwa Aboubacar
Appui technique
FMI — AFRITAC Sud (mission d'assistance technique, août 2026)
Auteur(s)
INSEED — Direction des Synthèses Économiques · Service de la Comptabilité Nationale
Avec l'appui de
Avec l'appui technique du FMI (AFRITAC Sud) — mission d'assistance technique d'août 2026